Le dicton « Quand le navire coule, les rats le quittent »
a, dans le cadre du chanvre (sativa non-indica), reçu une nouvelle
acceptation: « Quand le navire vogue, les rats l'envahissent
». En effet, à peine la renaissance du chanvre
initiée par l'ASAC avait-elle pris son essort et qu'elle était
à flot -les agriculteurs cultivaient le bon chanvre par centaines,
partout il était le bienvenu, les article de presse bienvaillants,
les adversaires du chanvre impuissants- qu'apparurent les ratsde-chanvre.
C'était en 1996.
Les rats-de-chanvre habitent la ville, ou ils ne tiennent pas le haut
du pavé. On les trouve dans les caves et dans les dépôts.
Ils apprécient l'obscurité et n'aiment donc pas le chanvre
naturel grandi en plein champ, sous le soleil et avec le vent. Leur
plaisir à eux, c'est la 'marijuana' nourrie exclusivement de
lumière artificielle et d'engrais synthétique et qu'ils
mélangent à de la nicotine. Les rats-du-chanvre maîtrisent
mal le français, c'est pourquoi ils utilisent énormément
de mots américains. Ce qu'ils produisent et vendent s'appelle
en France 'marijuana', 'herbe', 'skunk', 'chichon'. Eux-mêmes
disent 'chanvre' quand ils se montrent en public. Les médias
leur ont emboîté le pas et les présentent comme
étant des cultivateurs de chanvre. Leurs publications ont toute
un titre comportant le mot 'chanvre'. Ils ont même un archiviste
qui compile la liste des camarades arrêtés par la police
ou condamnés par le juge. Les rats-de-chanvre ne sont pas courageux,
car à peine le juge a-t-il parlé qu'ils disparaissent
de la scène. Iln ne font pas de recours, sont satisfaits d'avoir
eu le sursis. A Lausanne on ne voit pas de rats-de-chanvre.
Instrumentalisés par des élèments anti-chanvre
de la police et de l'administration, les rats-de-chanvre augmentèrent
en nombre, prirent la place des paysans, se coordonnèrent,
se dépêchèrent de ratisser et occupèrent
dorénavant, grâce à des journalistes ratophiles,
presque toute la place dans les médias (comme ces revues porno
qui prennent tant de place dans les kiosques). La police a permis
aux rats-de-chanvre de se multiplier, car elle leur avait assigné
un rôle: prendre la place du bon chanvre, le dénigrer
en le confondant avec 'l'herbe' que produisent les rats-de-chanvre.
C'est ainsi qu'on les laissa faire des années durant, de 1996
à 2000, le temps d'inonder la Suisse de leurs produits, pour
ensuite dire 'stop!'et de les arrêter un après l'autre.
Le premier rat-de-chanvre à être condamné, en
1988, fit les gros titres de la presse et le téléjournal
lui fit une grande place. L'expression 'procès-pilote' était
sur toutes les lèvres. Et pourtant, il ne s'agissait que d'un
rat-de-chanvre insignifiant. Tous les rats-de-chanvre de la première
heure ont été neutralisés, deux ans plus tard,
après avoir rendu les services qu'on attendait d'eux. Les rats-de-chanvre
étaient nécessaires pour détruire la bonne image
qu'avait le bon chanvre et jamais, sans eux, la révision de
la loi fédérale sur les stupéfiants (LStup) n'aurait
vu le jour.
La rubrique CAVE MUREM' montre des rats-de-chanvre.
Les tous premiers, les plus gros sont d'anciens membres de l'ASAC,
dont ils ont été chassés ou qu'ils ont quittée.
Une précision: Alors que les rats quadrupèdes sont intelligents,
les rats bipèdes ne le sont pas. La preuve? Ils sont profondèment
convaincus que le chanvre génétique qu'ils vendent est
illégal. C'est pourquoi ils réclament une libéralisation.
En langue rats-de-chanvre: «Liberalize it!». Ils tonnent
dans leurs éditoriaux contre les ratszias et insultent la police,
mais c'est vainement qu'on y cherche une allusion à la loi,
une directive légale. La loi suisse sur les stupéfiants
est et reste pour les rats-de-chanvre un livre hermétiquement
clos. Pourquoi cela? C'est tout simple: « Quand l'ignorance
coule, les rats quittent le chanvre ».